J'ai lu : réparer les vivants

                  On se retrouve aujourd'hui pour un article totalement différent. Une nouvelle catégorie, qui je pense ne plaira pas à tout le monde. Mais bon, c'est mon blog, donc on va dire que je peux en faire ce que je veux non ? Je disais donc une nouvelle catégorie. Si vous me suivez depuis le début du blog ou si vous êtes courageuses et que vous avez lu tout mes articles (donc celui de présentation aussi) vous aurez vu que j'ai défini il y a bien longtemps le "principe", le "sujet" du blog.

En effet, j'avais dit que je voulais que le blog vous fasse découvrir mon monde. J'avais mentionné mon goût pour les voyages, et ça aucun doute, vous avez dû le percevoir. J'avais aussi mentionné le fait que j'aimais lire. Depuis que je suis petite mes parents m'ont initiée à la lecture. Donc depuis mes 8 ans je lisais énormément, et ce jusqu'au début de l'année dernière. L'été je pouvais lire plus d'une vingtaine de livre, et je lisais au moins 1 livre par mois. Malheureusement j'ai lâché ce rythme arrivée en première.

Durant ces deux dernières années je me suis dit "allez Louisa lis un peu, bouge toi, tu aimes ça". Impossible de m'y remettre. Une overdose ? peut-être. Je n'ai lu que deux livres durant l'été 2013 et je viens de terminer mon premier livre (hors cours) de mon année de Terminale. Mais j'ai de suite enchaîné sur un deuxième (dont je vais vous parler après mon petit laïus).
Je commence à retrouver mes bonnes habitudes de lecture et c'est un réel plaisir, parce que ça commençait tout de même à me manquer. Et puis je suis quand même une littéraire à la base, alors je serais devenue quoi sans la lecture moi ?

Tout ça nous amène finalement au sujet principal de l'article (je suis désolée je suis incapable de faire cours alors que je voulais pourtant que cet article le soit). J'ai lancé cette catégorie book in  pour vous parler de mes livres "coup de cœur" car tenez vous bien, c'est bon, je m'y remet !
                 
RÉPARER LES VIVANTS – Maylis de Kerangal.

Le roman nous propulse tout droit dans un monde souvent inconnu du commun des mortels. Le monde de la transplantation cardiaque. L'auteur nous fait le schéma (extrêmement bien brossé) d'un relais de vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures à bout de souffle. Vingt-quatre heures de l'accident de voiture qui tue un jeune homme de dix-neuf ans, à la réaction de ses parents apprenant sa mort, en passant par les moindres pensées d'un médecin en réanimation, ainsi que celles d'un infirmier coordinateur des transplantations. Vingt-quatre heures qui nous tiennent en haleine alors même que tout semble terminé dès le début du roman. Comment entrer dans un roman où l'auteur tue le personnage principal au bout de 10 pages ?

 Peut-être qu'en fait, ce début étant une fin, est en fait un nouveau début. Car il ne faut pas oublier qu'à la fin de toute cette histoire, cette lutte, ces cris et ces pleurs, une heureuse personne bénéficiera d'un cœur d'un donneur de dix-neuf ans. Une vie pour une autre comme on dit. Alors difficile de choisir un côté dans cette histoire. Qui soutenir ? la mère qui a perdu son fils ? le nouveau corps de l'ancien cœur ? le médecin qui s'efforce de faire bonne figure ? celui qui déambule comme une âme perdue à travers tout ces corps en attente ?

Maylis de Kerangal trouve le moyen de lier tension et patience dans un roman qui fait rire et pleurer. Un roman contradictoire qui donne de l'espoir et creuse un trou béant au fond de nous. Qui nous fait réfléchir "et si c'était moi ? et si c'était mon frère ? mon père ? et si ?". Mais qui nous donne aussi envie de devenir les acteurs de cette aventure métaphysique, collective et intime. Nous aussi on a envie de donner notre vie pour celle de quelqu'un d'autre, non ?

Je vous laisse avec quelques jolies citations,
et en espèrant que je vous aurai donné envie de lire le livre

Louisa

" Et ils sondent cette étendue obscure où il n'est nul tempo, hormis le fracas de la vague qui explose"

"Ils s'étreignent, une étreinte d'une force dingue, comme s'ils s'écrasaient l'un dans l'autre, têtes compressées à se fendre le crâne, épaules concassées sous la masse des thorax, bras douloureux à force de se serrer, le genre d'étreinte que l'on se donne pour faire rocher contre cyclone, pour faire pierre avant de sauter dans le vide, un truc de fin du monde. Et quand ils se relâchent enfin, ahuris, exténués, ils sont comme des naufragés." 

"Donneur, donneur, donner, abandonner."

"On incise le corps, on prélève, on referme. Des verbes simples, des verbes d'action, des informations atonales pour contrecarrer la dramatisation liée à la sacralité du corps, à la transgression de son ouverture."