Les stages ou ma plaie étudiante

C’est bien connu, dans de nombreux cursus, le stage est une étape obligatoire pour les étudiants. Chez moi ça commence dès la première année et puis ça s’arrête plus pendant 5 ans. Ah c’est bien les stages, ça fait un peu bien sur ton CV puis tu peux te persuader que ça aidera ton intégration professionnelle, que tu trouveras un taff plus facilement que si t’en avais pas fait. C’est bien, tu commences à avoir une expérience professionnelle avant d’avoir fini tes études (mais tu le sais que ça suffit jamais aux yeux d’une entreprise même si t’es content d’avoir un expérience professionnelle). Oui c’est bien les stages, mais pour moi c’est quand même une vraie plaie.

On m’a plusieurs fois posé des questions par rapport aux stages et j’ai eu envie d’en parler un peu plus longuement ici parce que certains peuvent être intéressés même si je vais encore une fois sûrement déballer des vérités générales que les gens qui ont déjà fait des stages connaissent probablement. Ma spécialité pour l’instant ce sont les stages à l’étranger, puisque je suis obligée de faire tous mes stages de licence à l’étranger. Mais j’imagine que la galère doit être la même quand on cherche/est en stage en France.



1ère étape, chercher un stage : la galère
Je pense pouvoir dire avec assurance que chercher le stage c’est la plus grosse et la première galère qui se pose sur ton chemin quand tu décides de faire un stage. C’est bien beau de vouloir/devoir faire un stage, le plus dur c’est d’en trouver un. Car la compétition est rude et beaucoup beaucoup d’étudiants cherchent des stages et souvent à la même période d’ailleurs .. comme c’est pratique. Alors le truc c’est de commencer à chercher tôt, mais pas non plus trop tôt car si c’est trop tôt l’entreprise va même pas essayer de voir si tu pourrais être bien pour le poste. En général pour un stage à commencer entre mai et août je commence à chercher entre décembre et janvier. J’ai envie de dire que ça sert pas à grand-chose de chercher avant parce que c’est vraiment tôt et votre CV et lettre de motivation risquent de ne pas se retrouver en haut de la pile pour autant. Mais bon, si ça vous rassure vous pouvez toujours le faire, après tout je ne suis pas la voix de la sagesse.

J’ai remarqué que souvent au début de la recherche on a de grands espoirs, des objectifs de ouf, une entreprise de malade en ligne de mire, l’envie d’aller dans un pays super stylé, puis au fur et à mesure des mois on est obligés de devenir un peu moins exigeants, puis plus du tout exigeant et juste accepter ce qu’on nous donne, ou simplement arrêter de se faire des illusions – parce que oui, désolée, c’était des illusions -. Prenez mon exemple : En septembre 2015 je rêvais déjà à mon stage de 5 mois d’août 2016 à janvier 2017. Je voulais le faire dans une agence de com ou dans le département marketing d’une entreprise un peu stylée. Dans un pays pas mal, un peu lointain, là où il ferait beau pendant 6 mois, genre l’Australie, les Etat Unis et plus particulièrement la Floride. Regardez-moi actuellement en banlieue londonienne, à faire des tâches un peu typique de stagiaire (mais aussi un peu de com, de marketing et de traduction aussi et je touche à différents projets alors je suis pas si mal tombée) dans une entreprise pour laquelle j’ai été pistonnée et dont je ne connais fichtre rien à l’activité principale. Et c’est pas faute d’avoir envoyé des dizaines et des dizaines de candidatures aux quatre coins du monde et de l’Europe, je voulais trouver mon stage toute seule mais après plusieurs mois de galère j’ai fini par accepter une proposition plus qu’honnête et qui pouvait être intéressante aussi.

J’espère vraiment qu’un jour mon seul CV réussira à me faire trouver un stage génial, et j’espère d’ailleurs que ceci arrivera en 2017 pour mon stage de fin de L3. Mais pour l’instant ça n’est encore jamais arrivé. Mon premier stage je l’avais trouvé par le biais de mon école qui nous fournit d’une année sur l’autre les listes de stages effectués par les étudiants de l’année précédente et les contacts direct avec les entreprises. C’est toujours plus facile car ces entreprises sont vachement plus susceptible de nous prendre en stage étant donné qu’elles ont déjà pris d’autres stagiaires et qu’ils étaient de notre école. Il nous suffit donc juste de glisser un « quelqu’un de mon école a fait un stage chez vous l’année dernière c’est comme ça que j’ai eu votre contact » et le tour est presque joué. C’est bien pratique mais on a pas toujours le stage qu’on voulait avoir dans nos rêves et puis c’est toujours un peu bof de passer après quelqu’un je trouve. Et puis j’ai très envie d’avoir la satisfaction de trouver un stage cool toute seule.

En gros, mes conseils :
-       Ne pas chercher trop tôt son stage
-       Ne pas chercher trop tard son stage / trouver le juste milieu
-       Envoyer des dizaines de CV, il faut ratisser large quitte à en envoyer par la poste et par mail
-       Relancer les entreprises qui ne répondent pas et qui vous intéressent vraiment
-       Utiliser ses contacts et ses connaissances (même si parfois on aime pas être pistonné – moi la première – ça peut sauver)
-       Etre prêt à faire des sacrifices, ne pas être TROP exigeant ou TROP regardant (mais l’être un peu quand même faut pas non plus se retrouver esclave d’une entreprise hein gardez des exigences fondamentales)

2ème étape, le stage en lui-même : la galère aussi (parfois)
Bon une fois que t’as trouvé un stage, la partie la plus chiante est passée, mais reste encore des galères, sinon ça serait trop beau. Personnellement j’ai jamais eu de galères comme je vais vous présenter dans cette partie, mais ce sont des choses qui peuvent arriver donc ça peut toujours être utile afin de savoir comment agir dans ces cas-là. Le truc de base qu’on connait tous et dont on se plaint tous c’est le salaire évidemment. En France la législation est assez claire, mais comme j’ai pu le remarquer c’est pas le cas partout en Europe. Pour mon premier stage en Allemagne je ne devais pas recevoir de salaire, aucune compensation, c’était écrit sur ma convention. Ça ne pose aucun problème, pourtant j’ai fait un peu plus de deux mois de stage. Cependant ils ont décidé de me donner une légère compensation à la fin de mon stage car j’avais bien travaillé. 400€ pour deux mois à travailler 40 heures par semaine, la belle affaire, mais soit car pour certains c’est bien pire. Quand c’est pour deux mois passe encore, mais j’ai une copine en stage actuellement en Espagne pour 5 mois, elle n’a pas de salaire, et ses patrons ne respectent même pas ses horaires, elle reste facilement 2-3 heures de plus chaque jour, reçoit des messages de sa boss en pleine nuit, des notes vocales inopinées, se fait hurler dessus. Sympa l’ambiance hein. Et quand en plus tu sais que l’entreprise « embauche » une dizaine de stagiaires dans ses conditions-là, ça laisse à réfléchir.

Certaines personnes de ma promo en stage en Espagne se sont littéralement fait exploiter, à bosser plus de 40h par semaine en faisant des horaires improbables, sans être payé. Certains employeurs promettaient un logement en compensation et les étudiants se retrouvaient dans un taudis (vraiment) à 2h de leur lieu de stage. Heureusement quand on a un contrat tripartite (signé par soi-même, l’employeur et l’école/la fac) on a des recours pour se sortir assez facilement de cette situation et juste annuler le stage à tout moment. Mais ça montre bien comme le stage peut être une vraie galère et comme les employeurs peuvent n’y voir que leur intérêt. Alors je vous rassure c’est pas toujours comme ça heureusement, actuellement je suis dans un stage très réglo, intéressant, j’ai des horaires fixes, un salaire correct, je suis traitée comme une employée normale et pas juste comme une stagiaire sous merde. On ne me laisse pas dans un coin, j’apprends des choses, je fais des choses, je ne sers pas de café. – non je dis tout ça parce que j’ai réalisé que le ton de cet article était un peu alarmant –

En gros, mes conseils :
-       Ne pas se laisser faire
-       Toujours signer un contrat/une convention et veiller à ce que vous comme votre employeur le/la respecte bien
-       Demander de l’aide si tout va mal 
-       Demandez des bourses (facilement accessibles) si vous n’êtes pas payé – et même si vous êtes payé d’ailleurs parce que parfois le salaire est pas suffisant pour vivre – tip : c'est souvent pas connu de tous mais l'organisme erasmus+ propose des bourses de stages très intéressantes quand on effectue un stage en Europe de 3 mois minimum, la seule condition pour en bénéficier c'est de la demander
-       Fuyez avant d’accepter un stage qui vous parait suspect pour une raison ou une autre
-       Montrez votre intérêt et votre envie d’apprendre pour ne pas rester cantonné aux taches de stagiaires

    (Bien entendu je dis tout ça mais je sais que ce n’est pas facile d’aller dire à son manager « eh je vais pas travailler deux heures de plus parce que c’est pas écrit sur mon contrat » quand on est un petit stagiaire, mais faites de votre mieux pour essayer de vous sortir d’une situation pas idéale pour vous)


3ème étape, le rapport de stage : la galère 
Bon je me veux drôle mais vous allez plus rire a force que je dise galère partout. Bon en soit parfois il y a rien de galère dans les stages. Mais fallait bien donner un ton à mon article non. Non en vrai le rapport de stage ça peut vraiment être une galère, si on le repousse trop, si on le fait à la dernière minute, si on se souvient plus trop exactement en quoi a consisté le stage ou les petites taches qu’on a faites, si on a pas pris des notes sur l’entreprises, si on a pas posé les questions qu’on aurait dû poser. Enfin bref je pense qu’un rapport de stage ça s’anticipe. Souvent on a un peu une trame pour le rapport donc il est assez facile d’anticiper et de commencer à réfléchir au rapport de stage pendant le stage, faut juste s’y mettre quoi.

En gros, mes conseils :
-       Essayer d’anticiper pour pas se retrouver au pied du mur
-       Prendre des notes, des photos, poser des questions pendant le stage
-       Soigner la présentation, c’est parfois aussi important que le fond (vous êtes plus en CP vous devez vous en douter)



J'ai la sensation d'avoir fait le tour du sujet stage, en tout cas j'ai bien vidé mon sac. Je me répète encore une fois : oui j'ai abusé sur le mot galère, je l'admets, tous mes stages ce sont toujours bien passés jusqu’à présent mais c'est facile de tomber sur un stage pourri, alors c'est bien d'être en garde.
En tout cas j'espère avoir couvert un peu le sujet, si vous avez des questions plus précises n'hésitez pas, je serai ravie d'y répondre.

Louisa 

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